L’itinérance, un phénomène multiforme à Laval
Marie-Ève Proulx
Actualités - Publié le
18 mars 2010 à 00:00
Contrairement à Montréal où les sans-abri sont bien présents dans les rues et les parcs, l’itinérance est un phénomène beaucoup plus multiforme et discret à Laval, notamment parce que la ville est basée sur le transport automobile.
Il est extrêmement difficile de quantifier le nombre de sans-abri à Laval, l’itinérance chronique, phénomène fort visible dans la métropole québécoise, ne représentant qu’un pour cent de la situation lavalloise, a souligné lundi François C. Germain, de L’Aviron, hébergement communautaire.
«À Laval, il est rare de voir des sans-abri traîner dans les rues ou sur les bancs de parcs. Il n’y a pas vraiment de place pour eux ici, Laval étant une ville principalement basée sur le transport automobile », a-t-il expliqué.
Selon M. Germain, les itinérants dits chroniques vont plutôt converger vers Montréal et y rester.
À Laval, l’itinérance est beaucoup plus multiforme, a ajouté Martin Métivier, du service Urgence sociale de la Ville de Laval, qui vient en aide à quelque 400 personnes qui se retrouvent chaque année sans logis. Mais il y en a bel et bien.
«C’est un phénomène qui n’est pas vraiment visible. Souvent, les gens crèchent chez des parents ou des amis, jusqu’à ce que leur réseau social et familial s’effrite complètement ou encore, ils vivent carrément dans leur voiture, garée dans un endroit isolé », a-t-il déploré, mentionnant que l’itinérance touche particulièrement le quartier Laval-les-Rapides.
Personnes à risque
Précisant que la grande majorité des itinérants à Laval possèdent un toit, François C. Germain affirme qu’en tenant compte des indices de paupérisation, soit l’abaissement continu du niveau de vie, on constate une nouvelle réalité de l’itinérance.
«On voit de plus en plus de gens qui, s’ils ont un toit, dépensent plus de 85 % de leur salaire pour se loger, et donc, n’arrivent pas à se nourrir, ni à se chauffer, ni à s’habiller, ni même à s’acheter des meubles », a souligné M. Germain, ajoutant que ces personnes n’ont souvent aucun papier.
Selon lui, ces personnes « sont sur la corde raide, puisqu’un rien peut les jeter à la rue ».
Or, à l’heure actuelle, il n’existe aucune ressource d’hébergement d’urgence à Laval et plus de 1100 personnes sont en attente d’un logement social.
À Laval, le prix mensuel moyen d’un loyer de quatre pièces et demi est de 642 $.
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